Une main aux fesses pour l’éternité (suite)

Par Yureru

J’avais dans un précédent article ‘Une main aux fesses pour l’éternité’ réagi à l’épopée d’un jeune couple, retranscrite dans Paris Match, qui en guise de voyages de noces avait fait le pari d’une marche de Notre Dame jusqu’à Jérusalem.

Je les avais laissés près de l’Italie, je les ai retrouvés près de la Turquie.

Alors, aux portes de la Turquie, qu’est devenue la main aux fesses tant redoutée ?

Elle s’est muée en un serpent bien plus terrible encore, notre couple ou plutôt notre amie Mathilde a failli se faire prendre de force. Depuis, elle se sent poursuivie pas des regards concupiscents et son homme se sent sali (la logique relationnelle qui sous-tend ce sentiment de salissure me reste obscure) Bouleversés, enfin surtout Edouard, celui-ci laisse vibrer sa fibre mystique sans doute afin d’exorciser ce malheur qui aurait pu tout changer. Comme toute prose mystique, lourde en métaphores pleines de sens plein, la sienne n’est guère aisée à comprendre : « On se rend compte qu’il est impossible d’établir une cartes des cœurs qui s’ouvrent et qui se ferment. Mais cette carte on se doit de la suivre »

Suivre un chemin que l’on ne peut tracer, je crois que même Sainte Thérèse d’Avila serait jalouse. Elle qui s’est échinée toute sa vie terrestre à matérialiser son cheminement spirituel sous la forme d’un château de l’âme au sept demeures…

Bref, ils pensaient être enveloppés par la chaleur de l’hospitalité orientale et se retrouvent face à une inconduite de taille. Non décidément cartographier l’hospitalité est une tâche impossible. C’est tout de même pas pour rien que Sainte Thérèse a pensé au château…

Mais, oui il y a un mais, il y a eu aussi tant de bonnes âmes sur le chemin et comme toujours, Edouard qui a le sens de la formule, résume cela parfaitement : « Vous voyez notre chemin de croix a souvent été un chemin de joie ».

Alors un poème m’est venu, chacun ses voix….

Mathilde es-tu revenue de ta Turquie rêvée ?

Ton homme a sûrement mal aux pieds.

Mathilde qu’as-tu fait de tes tests de grossesse soigneusement pliés ?

De ton homme veux-tu vraiment un bébé ?

Il semble que nous devrions retrouver notre couple à Jérusalem. C’est fou cette obsession du chiffre trois…

Yureru, 2007.

Illustration extraite d’une couverture de la revue Pèlerin.

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