Articles dans Voyance
Classer les supports, quelle bonne idée me direz-vous ! Sauf qu’il ne s’agit pas de cela. Il nous faudrait un tableau à douze dimensions et l’intérêt de la démarche resterait discutable pour ne pas dire qu’il n’y en aurait aucun. Mon but est uniquement d’esquisser une réflexion pour aider chacun à faire sa soupe en sachant s’il y met des poireaux ou des courgettes…
Quel est le rôle du support dans la voyance ? En voilà une bonne question me direz-vous, d’autant qu’il y a quelques années, elle avait valeur de norme ISO : le vrai voyant était celui qui n’utilisait aucun support ou le support le plus abstrait possible, les autres étant considérés comme des extralucides de seconde main. Aujourd’hui, si le grand public, de mieux en mieux informé, ne rejette plus…
Il y a quelques temps, un certain Jozelon pour ne pas le nommer [1] m’a demandé de lui résumer le sens des Arcanes Majeures. Si j’ai tardé à livrer ces synthèses c’est que la démarche est problématique. Il n’y a pas d’interprétation qui ne soit une prise de position et il est impossible d’être exhaustif en la matière. Privilégier telle ou telle approche, tel détail dans les lames et telle interprétation plutôt que telle autre, constitue un choix arbitraire…
Tandis que l’Europe a préféré la géomancie astrologique ainsi que nous le verrons plus loin, certaines traditions africaines privilégient les tirages à une seule figure, ou avec un petit nombre de figures. Ce parti-pris a été repris notamment par Maud Kristen dans son ouvrage La pratique des arts divinatoires. Si la façon de procéder est classique (on utilise la technique dite du Jet de point), elle est par principe rapide et dégagée du « thème »…
La géomancie est une technique divinatoire basée sur le tirage au hasard de figures, chacune composée de quatre étages pouvant comporter un ou deux points. Tandis que le cousin Yi-king admet 64 hexagrammes sur le même principe -des figures composées de lignes d’un ou deux points [1], la géomancie n’en compte que 16. On ignore cependant à quelle époque ni comment ce nombre s’est fixé. Le terme vient du bas latin geomantia, lui-même issu du grec…
Il semble qu’il y ait une certaine ingéniosité chez les magiciens du chaos dans le choix du matériel de divination : utilisation d’un poste de télévision en lieu et place de boules de cristal, emploi du zapping afin d’obtenir des phrases automatiques, scrying dans une piscine de black vodka, bibliomancie dans des livres de fiction pourris… J’aimerais ajouter ma propre idée à cette liste d’outils…

