Deux doigts coupe-feu

Par Endemoniada

Dans les campagnes, les anciens les nomment « coupe-feu » ou « leveurs de maux » alors que dans les villes, le corps médical qui, jusqu’alors les qualifiait de charlatans, est de plus en plus enclin à les appeler « soins palliatifs ».

Le reportage que je vous propose de visionner (le lien se trouve en bas de page), démontre que les disciples d’Hypocrate sont en train de reconsidérer leur position sur la capacité d’une poignée de nos contemporains à soulager les douleurs à distance. Ce documentaire réalisé dans le cadre de l’émission « Temps Présent », un magazine hebdomaire de la Télévision Suisse Romande, nous plonge au cœur du « Secret » au travers d’une enquête objective et rigoureuse.

Le Secret. C’est par ce mot que l’on définit l’aptitude d’une personne à favoriser à distance la guérison des brûlures quelle que soit la gravité des lésions causées à l’épiderme.

En abordant le sujet selon la démarche de l’entonnoir, en ratissant large au début pour terminer par l’interview d’éminents spécialistes, le reportage se présente comme un bras de fer entre sceptiques et convaincus. Les uns prennent tantôt l’ascendant sur les autres, un médecin intervient parfois pour rationaliser le caractère miraculeux d’une intervention, jusqu’à ce qu’au terme de l’émission, on ressente nettement que la balance aurait tendance à pencher du côté du «Secret».

En suivant le quotidien d’un boulanger ou d’une infirmière à qui ce don a été transmis oralement et qui peuvent être sollicités à tout moment pour venir en aide aux victimes, le reportage débouche finalement dans les services d’oncologie ou de traitement des grands brûlés.

A notre surprise, on constate que dans ces polycliniques, les infirmières tiennent à la disposition des patients une liste de numéros de téléphone permettant d’avoir recours à cette aide extra-médicale. Le plus étonnant, c’est que ces pratiques se font avec l’aval des chefs de clinique qui estiment que cette aide profane n’est pas contradictoire avec la médecine académique, mais qu’au contraire elle ne peut que favoriser la convalescence. Dans le cadre de traitements lourds, comme la radiothérapie, l’oncologue interrogée constate une nette diminution des brûlures consécutives à ce type de traitement contre le cancer.

Plus convaincue encore, le Doctor Berger, reconnue par ses pairs européens comme une sommité dans le traitement des grands brûlés, affirme qu’une multitude de paramètres échappent encore à la compréhension du corps médical. Son service fait régulièrement appel aux détenteurs du Secret pour favoriser la cicatrisation des victimes de brûlure au troisième degré.

Ce qui crédibilise les détenteurs du Secret, c’est qu’aucun d’eux ne perçoit de rémunération pour ses interventions, la gratuité étant dans ce cas, la garantie de la bonne foi de ces personnes consacrant de nombreuses heures à leurs semblables.

Sans pour autant négliger l’aspect auto-suggestif ou l’effet placebo liés à de telles pratiques, nous sommes pour une fois en présence d’un documentaire réalisé par des professionnels et qui se situe à l’opposé des émissions en quête de sensationnel.

Les petites flèches au bas de la page permettent de suivre le documentaire en mode plein écran :

Mon docteur a le ‘secret’ [54 mn] Reportage diffusé le 23 septembre 2004 par la TSR.

PS: Le premier qui se moque de l’accent suisse se prend un caquelon de fondue bouillante dans la figure.

Endemoniada 2007

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