L’exposition encyclopédorganique
C’est le 19 décembre 1909, en son appartement du 32 rue de Seine, que le marchand Augustin Corvet, d’ordinaire spécialisé dans les petits maîtres et la peinture dite « pompier », organisa une exposition « encyclopédorganique » – intitulé sobrement : L’Exposition – à faire tourner de l’oeil plus d’un bourgeois. Les pièces humaines, et assez macabres au demeurant, avaient été achetée ou volées ça et là dans de vétustes musées de province.
Ce soir là, à défaut du tout-Paris, on put y coriser un autre certains tout-Paris : Les anarchistes beaux quartiers, les taxidermistes du Museum, les prosecteurs de l’école de médecine, et même Le prince Zalewski, le neveu de Robert Houdin, Le prince Youssoupov (l’assassin de Raspoutine,, quelques employés zéléés, des Russes blancs qui passaient le temps, Bénédict Masson – le libraire de l’île saint Louis qui devait être guillotiné quelques plus tard pour des meurtres atroces qu’il n’avait pas commis – l’historien François Régulus-Deslunes, Rodolphe Trouilloux et Jules Dommage (voir documents), les noceurs du Cabaret du néant, et les tireurs de cartes du Cercle ésotérique Oswald Wirth.
Les invités burent à même les tonneaux et certains allèrent jusqu’à ouvrir les vitrines pour, au plus près, « tater la marchandise ». Puis, ils achetèrent tant et tant que le marchand Augustin Corvet se fit ce soir là la promesse de ne plus jamais vendre de peinture, fut-elle des vanités ou des représentations d’écorchés Comme tout « artiste » qui se respecte, il venait de trouver sa voie…














