Blood Sucking Freaks
Par Melmothia
Incredible Torture Show (Blood Sucking Freaks), Joel M. Reed, 1976.
Lorsqu’un ancien réalisateur de porno se lance dans le cinéma gore, il en résulte un sommet du sadomasochisme kitsch et un gros coup de ciseau de la censure. Bloodsucking freaks, qui a porté un temps le titre de Sardu : Master of the Screaming Virgins, fut distribué en France, grâce aux mystères de la traduction, sous le titre Incredible Torture Show. Mais cela n’eut lieu que quinze ans après son tournage. Lors de sa sortie sur les écrans américains en 1976 avec un classement X, les producteurs et son réalisateur Joel Reed, invitèrent en effet une association féministe à manifester contre le film dans le but de créer le scandale. La stratégie s’avéra trop efficace et Bloodsucking freaks fut retiré des salles. Ce n’est qu’au début des années 1980, que la maison de production Troma, spécialisée dans les séries B, en acquit les droits et parvint à le faire distribuer.
Très inspiré des œuvres d’Herschell Gordon Lewis, particulièrement de son Wizard of Gore, le film retrace les péripéties de Maître Sardu et de son Théâtre du Macabre, un show sanglant dont les victimes sont de jeunes beautés très peu vêtues. Il est, pour cela, aidé par son fidèle serviteur, un nain nommé Ralphus qui lui prête main-forte pour kidnapper les jolies victimes que le maître s’empresse de charcuter à mort.
Un seul nuage flotte sur ce petit paradis du macabre : les critiques qui, avec leur habituel mauvais esprit, s’entêtent à trouver les mises en scène de Maître Sardu pathétiques. Notre sadique décide d’enlever un représentant de cette profession ainsi qu’une ballerine célèbre répondant au nom de Natascha pour injecter un peu de sang neuf dans ses créations…
Avec le théâtre de Maître Sardu, le cinéma gore renoue avec ses racines : le Grand Guignol. Durant soixante ans, sous la direction de gérants différents, furent en effet présentés dans le théâtre éponyme des drames horrifiques alternés de saynètes comiques qui firent de la scène du Grand Guignol, à Paris, l’une des attractions touristiques les plus populaires de la capitale jusque dans les années 60. Les metteurs en scène ne reculant devant aucun effet gore, une ancienne actrice raconte ainsi avoir été « flagellée, coupée en tranches, passée au laminoir, ébouillantée, saignée, vitriolée, désossée, pendue, enterrée vivante… ».
Pour la bande-annonce, c’est par ici : Blood Sucking Freaks.















