Ni Dieu ni mètre

Ni Dieu ni mètreVoilà comme promis, un topo sur ce que je pense des relations entre Magie et Science. *boit une gorgée d’eau, se racle la gorge * … Ahem. Je voudrais d’abord préciser que je parle ici de « science moderne », c’est-à-dire de la science telle qu’on l’entend depuis la fin du XIXe siècle et non de quelque grec en jupette dont la conception du monde ne saurait être comparée à la nôtre.

Comme vous le savez sûrement, la science moderne s’est constituée en adoptant « la méthode scientifique », ensemble de principes régissant la production de connaissances, dont le principal est « la méthode expérimentale » qui se caractérise par la succession : observation, hypothèse, expérimentation, validation ou réfutation de l’hypothèse.

Un chercheur qui veut, par exemple, vérifier l’hypothèse « l’excès de café donne des migraines », commencera par mettre en place un protocole expérimental : dix cobayes avaleront trente tasses de café par jour, tandis qu’un groupe témoin prendra de la chicorée ou du déca. Viendra ensuite le moment de compter les migraines et d’appliquer aux résultats une analyse statistique afin de vérifier s’ils sont raisonnablement significatifs. Si c’est le cas, l’expérimentateur peut conclure à une corrélation entre « boire du café » et « avoir des migraines »… Facile ? Pas du tout, mais pour aller vite, admettons qu’aucun biais farceur ne s’est glissé dans le protocole, en bout de course, notre brave expérimentateur pourra donc conclure que la cause (le café) favorise telle conséquence (des migraines) & donc prédire que si vous buvez trente tasses de café par jour, vous aurez x pour cent de chances d’enchaîner avec de l’aspirine.

Or, pour arriver là, à crâner avec son kit « méthode scientifique » et autres outils du même acabit, la science a du préalablement se séparer de la religion. Pourquoi ? Eh bien, parce que ces deux approches, science et religion, opèrent suivant des dynamiques exactement contraires : la religion part d’une carte du territoire préconçue, le dogme, qu’elle s’efforce d’appliquer à l’univers, tandis que la science s’applique à réduire au maximum les postulats indiscutables pour laisser la part belle à l’observation et l’expérimentation.

À partir de là, à l’école et grâce au relais subtil des médias, on vous a fait intégrer « la science c’est bien, la religion c’est mal ». Demandez à quelqu’un « pourquoi » et il se mettra à gesticuler pour mimer des avions s’écrasant sur des buildings… Or mettre en avant la production de « méchants fanatiques », ou ce bon vieil « obscurantisme » qui rend les gens fous et stupides, n’est qu’une stratégie pour déclarer le chien galeux et non ce qui distingue radicalement les deux approches. La véritable différence n’est pas morale, mais méthodologique. Si à l’école on vous a appris « la science, c’est bien, la religion c’est mal », ce n’est pas pour vous empêcher de faire sauter des buildings, mais parce qu’à notre époque, la science est devenue le paradigme dominant. Madame s’occupe de sa publicité.

Durant des siècles, c’est la religion qui a occupé cette place du paradigme dominant, imposant son filtre à l’étude même des phénomènes physiques. Nous savons désormais que ce n’était pas une bonne idée et que la science est un meilleur outil pour étudier la matière. Mais quid du surnaturel ? Eh bien, ce n’est tout simplement pas le domaine ni de la religion, ni de la science.

Au XIXe (mais la tendance s’est, bien entendu, amorcée avant), la science a décidé de divorcer de la religion pour incompatibilité d’humeur. L’une a gardé la maison, l’autre les gosses et la voiture. Autrement dit : à la religion, les cieux brumeux et les spéculations métaphysiques, à la science l’étude de l’ici et maintenant. Ou, pour le dire encore autrement : à la religion le « pourquoi », à la science le « comment ». De là, cette sainte horreur que la science cultive de toute forme de téléologie (postuler un « but » à l’univers) – ça lui rappelle son ex-femme.

Nous voyons donc qu’idéalement, la science n’a jamais eu pour vocation de « remplacer » la religion. Évidemment, dans les faits, il est tentant d’élever au pinacle des explications totales et définitives du monde. À chaque époque, le paradigme dominant a eu à cœur d’imposer son point de vue en débordant sur les pelouses du voisin. Dans notre modernité, c’est la science qui a remporté le panier garni. Nous jaugeons tout phénomène à son étalon, tellement habités à ce filtre mental que nous en oublions sa présence, le prenant pour la « vérité » même.

Ramsey Dukes file une réflexion très juste, à ce propos, dans son ouvrage The good, the bad, the funny. Il nous rappelle que tant qu’une théorie occupe les discussions de salons et les revues scientifiques, elle n’est pas encore intégrée comme « vraie » par le public. Ce n’est que lorsque plus personne n’en parle et que les idées naissantes ou innovatrices sont jaugées à son étalon, c’est-à-dire que nous ne la voyons plus, que l’on peut considérer qu’elle est réellement intégrée et acceptée.

Et donc, à partir de là, où placer nos disciplines ? Si la science règne sur la matière et la religion sur les Cieux, quelle Jérusalem occupe la magie, l’ésotérisme, le chamanisme, etc. ? Eh bien, aucune. Ces domaines n’occupent aucun territoire et ne sont pas près de le faire. La preuve, si besoin est : l’absence de vocabulaire propre, auquel se substitue des emprunts aux autres domaines du savoir : « énergies » vient des sciences, « spiritualité » direct des potes de Benoit XVI, « magnétisme » de la physique, etc. Les exemples pourraient être multipliés à l’infini.

De même, l’étude de ces domaines s’effectue systématiquement par le biais d’autres disciplines : la psychologie, les sciences, l’histoire, la sociologie, la religion… Et c’est bien sûr le paradigme dominant de l’époque qui sera prioritairement en charge d’évaluation. Durant longtemps, ce fut donc à la religion d’entériner la magie, sa réalité, sa légitimité, cuisson à point ou saignante. À présent, c’est à la science que l’on demande de valider ou invalider la réalité des phénomènes.

Autrement dit, nous commettons de nouveau l’erreur qui a étouffé la science sous le dogme de la religion pendant des siècles, celle consistant à puiser l’eau à la rivière avec un filet à papillons. Car, dans les faits, la Magie (les vocables « ésotérismes », « paranormal » étant encore plus encombrants conceptuellement, je choisis le terme de « magie » pour référer à ce qui ne semble pas participer de la causalité matérielle. Mettez ce que vous désirez à l’intérieur) sort des compétences à la fois de la science et de la religion.

Je pourrais me passer dans cet article d’un détour par la parapsychologie, mais je pense que cet exemple est tout à fait éclairant pour notre problème. Alors, allons-y.

Chassés du jardin d’ADN

La période où la science moderne a pris son envol a également été la belle époque du spiritisme. Naturellement, les deux disciplines se sont essayées au flirt. Mais tandis que les esprits les plus ouverts de leur temps s’essayaient à peser, mesurer et prendre la température des ectoplasmes, les scientifiques, les purs les durs, ricanaient : des fantômes…. ? Vous n’y pensez pas !… C’est que la perspective de l’au-delà coince aux entournures de la science en des endroits très sensibles puisque la présence de trucs vaporeux fout tout en l’air ses belles résolutions. On avait dit les Cieux en haut ! Et pas d’interférence avec l’univers physique. Il est par conséquent vital pour la science de considérer les fantômes comme « faux », sous risque de voir sciée la branche sur laquelle elle est assise, à savoir la causalité matérielle & le rapport cause/ conséquence dans le bon ordre. Donc : il est « hors de question » que les fantômes existent. Point.

Or, il se trouve que la science est devenue à cette époque le paradigme dominant. Ceux qui désiraient étudier les phénomènes que l’on n’appelait pas encore « paranormaux » et désiraient être pris au sérieux durent donc se mettre au pli : surtout pas de fantôme. Au début du XXe siècle, il fut donc décidé de laisser tomber l’au-delà et de ne plus désormais parler que de « pouvoirs psi » inhérents à l’humain et qu’on espérait pouvoir un jour expliquer proprement. Pour les détails de l’affaire, lisez l’excellent ouvrage de Grégory Guttierez Les aventuriers de l’esprit qui narre les sursauts, convulsions et rebondissements de la Parapsychologie naissante, c’est-à-dire de ce qui deviendra « l’étude des phénomènes paranormaux à l’aide de la méthode scientifique ».

Je suis obligée d’aller au raccourci, mais voilà l’idée de la parapsychologie : emprunter les méthodes de la science et renoncer à l’au-delà en espérant ainsi « prouver » les phénomènes et permettre au domaine d’acquérir une légitimité.

Évidemment, la discipline sent toujours des aisselles pour la science « dure » et, malgré ses efforts pour rentrer au rotary club du paradigme dominant, elle n’a jamais su se faire accepter. À son ambition d’étudier scientifiquement le paranormal, les scientifiques ‘sérieux’ objectent qu’il est hors de question d’étudier des sornettes pareilles ! La preuve que ce sont des sornettes : aucun scientifique sérieux n’accepte de les étudier.

Bref, non seulement la légitimité rêvée se fait attendre, mais la parapsychologie en s’efforçant de devenir « scientifiquement correcte » s’est glissée toute seule dans un lit de Procuste. Pour commencer, elle a considérablement limité son champ d’action en largeur et en profondeur, se destinant à n’étudier que des épiphénomènes (le trio : télépathie, précognition, télékinésie) et ne s’aventurant que timidement dans la théorie, selon ce principe qu’il faut prouver l’existence des phénomènes paranormaux avant d’en parler davantage. Or, comment démontrer l’existence de phénomènes dont on ignore les conditions d’apparition ? S’ajoutent à cela la chape idéologique évoquée plus haut, le manque de moyens et ce principe qu’à des phénomènes extraordinaires, il faut des preuves extraordinaires… En outre, le domaine est assis sur une branche à la solidité douteuse, car ainsi que l’a souligné notamment Bertrand Méheust, rien ne garantit la véracité de son postulat fondamental, à savoir que les cieux sont vides.

En résumé, voilà des chercheurs qui s’efforcent de prouver statistiquement l’existence de phénomènes aux conditions d’apparition fantaisistes, sans corpus théorique défini, en remontant le courant du paradigme dominant, les poches vides et assis sur une branche peut-être pourrie.

Bonne chance, les mecs.

Et hop, sans les mains !

À un autre niveau encore, dont la parapsychologie ne voudrait pour rien au monde, se trouve la Magie. Et là, les choses se compliquent atrocement. Car comment la science pourrait-elle valider ou réfuter l’apparition spectrale de votre cousine Berthe dans vos toilettes ? Comment démontrer que c’est grâce à votre invocation à Astaroth que la voisine s’est cassé la jambe ? Dans le doute, l’alternative raisonnable serait d’opter pour une fantaisie de l’esprit selon le principe dérivé du rasoir d’Occam voulant que « les hypothèses les plus simples sont les plus vraisemblables ». Voilà qui est scientifiquement sensé – quoique discutable -, mais magiquement aberrant.

En premier lieu parce que la majorité des phénomènes passe alors à la trappe.

En second lieu, parce qu’à rebours de la logique, la Magie nous conseille : « dans le doute, croyez-y ».

Ce à quoi la Chaos Magic ajoute : « Et peu importe que ce soit vrai ».

Horrible ? Ouais… *sourit fièrement*.

Pourquoi ce parti-pris étrange de piétiner la réalité ou ce qui est supposé tel ? Parce que si vous parvenez à vous convaincre que c’est bien votre défunte cousine Berthe qui vous a fait coucou entre le stick désodorisant et le rouleau de papier toilette, alors vous modifierez légèrement votre regard sur le monde, sur « ce qui est possible ». Et ce changement va permettre aux phénomènes d’advenir tout comme il vous permettra de les identifier. Si vous croyez aux fantômes, vous avez nettement plus de chance d’en voir. Si vous croyez en la magie, vous avez nettement plus de chances de tuer votre voisin avec une poupée vaudou. En magie, la foi précède la manifestation.

Et ce n’est qu’un point parmi d’autres qui rendent l’évaluation de la Magie par la science ou par la religion contre nature. Nous voilà donc devant un divorce méthodologique du même acabit que celui qui a divisé science et religion : le caractère radicalement différent des logiques inhérentes à ces grandes approches que sont la science, l’art, la religion et la magie rend l’évaluation de l’une par l’autre aberrante. Ou comme le dit Ramsey Dukes : la religion n’a rien à dire de la science ni de la magie ; la science n’a rien à dire de la religion ni de la magie, etc.

Mais alors, me direz-vous, comment distinguer le « vrai » du « faux » dans nos domaines ? Eh bien, on ne peut pas et d’ailleurs, si ça peut vous rassurer, on n’a jamais pu. Aucune recette ne peut fournir une idée précise des limites de la réalité.

Peut-on alors « prouver » la Magie ? Eh bien, on ne peut pas non plus. Attraper de l’eau avec une passoire est très déraisonnable. Alors que faire ? Retour au rasoir d’Occam ? Nier peut-être un pan entier de la réalité parce qu’on ne peut pas le saisir aisément ? Ou à l’inverse, croire tout et n’importe quoi ?

Le plus difficile à encaisser, c’est qu’il n’y a pas de réponse. Nous sommes à l’orée d’une terre vierge pour laquelle les cartes du territoire de la science et de la religion généralement employées sont en réalité inutiles et nuisibles. Il y a sans doute des lois, des constantes, des principes que nous entrevoyons, mais dont nous ne pouvons pas dire que nous les « connaissons ». Bienvenue donc dans un monde où le cerveau de l’homme n’a jamais posé le pied.

Ni Dieu ni mètre, Melmothia, 2010.

Commentaires 12

  • Bravo Mel, texte très intéressant…

    Je trouve cependant que dans la première partie tu décris comme étant la démarche scientifique : utiliser l’observation de cas concrets pour construire et valider des théories est plutôt une démarche empirique propre aux pseudo-sciences que tu décris bien après comme la para-psychologie.

    Et cette démarche est en fait à l’opposé du rationalisme pur et dur dont se réclame le paradigme scientifique. Le ‘vrai’ scientifique, comme le physicien, part de principes de base supposés universels et vrais à tout niveaux de réalité, comme ‘ 1+1=2 ‘pour déduire, par des opérations logiques dont l’idéal est la pureté mathématique, de grandes lois vraies ‘dans l’absolu’, au delà du champs expérimental.

    C’est d’ailleurs cette prétention a l’universalité, à la vérité solaire une et indiscutable, qui fait toute la tyrannie du paradigme scientifique et le rend insupportable. c’est d’ailleurs la même prétention qui avait rendu le paradigme monothéiste révélé tout aussi détestable et a causé sa perte.

    Et ce qui à mon avis enterrera le paradigme scientifique est justement ce que tu décris comme le problème dans la première partie du texte : un retour conscient à l’empirisme. D’abord reconnaître que 1+1 n’a aucun sens puisqu’il n’existe pas deux choses vraiment semblables, c’est une vue de l’esprit. ( Tout est Chaos ). Donc admettre qu’on approche mieux la réalité par des schémas empiriques, statistiques, fondés sur l’observation et donc toujours en mouvement, que par des grandes lois absolues. Et enfin, ne surtout pas chercher à rationaliser ces schémas car ce serait essayer de les ‘figer dans la pierre ‘ alors que c’est justement leur coté chaotique qui fait leur pertinence.

    Il n’est pas nécessaire d’être mécanicien pour conduire une voiture…

  • Merci pour ta réponse. Lorsque tu évoques le « vrai » scientifique, tu parles des sciences « pures », le plus haut degré d’abstraction. Si tu prends des domaines comme la médecine, une science à part entière, l’expérimentation aura une place privilégiée et pourtant rien n’y est prédictible à 100%. C’est là que les statistiques interviennent (et que c’est un joyeux bordel ^^).
    Oui pour la tyrannie du paradigme scientifique ; heureusement comme le disait Jean Rostand : « Le biologiste passe, la grenouille reste ».

  • pour en revenir a la question épineuse du 1+1 je tiens a préciser que les sciences mathématique ne serais absolument pas prêt a définir la un invariable universelle j’irais même jusqu’à dire que la force des mathématiques actuelle ces a l’inverse de ne voir la qu’une manière d’assembler les données dans un référentiel particulier

    De plus je ne suis pas sur que le grand divorce science religions ce soit fait uniquement pour une divergence epistemique Il y aussi de grand enjeux politique et sociaux qui rentre en compte l’histoire des science est plein de saut de paradigme qui on été introduit par des changement culturelle plus que par des causes déduite de l’expérimentation

    dans la discipline scientifique et en particulier lorsque l’on l’étudie en corrélation avec son histoire il deviens très vite difficile de remettre en cause l’influence d’une certaine spiritualité dans la recerche de l’intuition

    La relativité ne serais probablement pas née si Einstein n’avais pas été profondément croyant et n’avais pas trouer par ce biais une raison susceptible d’étayer sa foi idem pour newton ect….

    bref il faut quand même faire une certaine distinction entre le discours publique des adeptes des sciences qui généralement connaisse que peux de chose des fondement réel de leur discipline et la réalité des faits sous tendue par l’histoire Sans compter qu’il y a aussi une grande pression interne aux mouvement scientifique pour faire taire tous ceux qui ne colle pas avec le discourt rationnel même si pourtant la rentre dans la physique quantique a bien démontrer qu’aux fond l’axe principale d’une science n’est pas d’ordonner le monde pour le rendre compréhensible mais aux contraire d’être assez désordonné pour pouvoir colle avec la réalité

    après tous si la science étais honnête jusqu’aux bout elle serais bien obliger d’emetre la possibilité qu’il existe aux moin une possibilité que la magie existe et qu’elle soit totalement indémontrable

  • Absolument d’accord 🙂 Concernant le « divorce » science / religion, il est vrai que je suis allée au raccourci. Ces précisions sont bienvenues.

  • lol repensant a cette article je me suis souvenue de ce dialogue historique qui ne cesse d’étonner l’humble étudiant de la gnose que je suis ….

    Lors du tous premier essaie nucléaire l’explosion dégagea une force équivalente à 21 000 tonnes de TNT. En constatant la puissance phénoménale engendrée par la bombe (Jumbo resta intact mais Trinity fut rasée), Oppenheimer se rappela l’un de ses passages préférés d’un texte Sanskrit (le Bhagavad-Gita du dieu Shiva) : « Maintenant je suis Shiva, le destructeur des mondes ».

    Plus prosaïquement, son adjoint Kenneth Bainbridge, responsable des essais répondra : « À partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes ».

    l’histoire ne dit pas si kenneth Baindridge était un lecteur de l’apocalypse de Jean …………..

  • les grand esprits on souvent des obsessions commune
    regarde ce qu’on trouve toute aux bout de la branche pythagoricienne ….

    http://www.tribunes.com/tribune/alliage/43/odifreddi_43.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Preuve_ontologique_de_G%C3%B6del

    Pourrais être utile a une revisite de la cabale voir pourquoi pas a une certaine idée de John dee

    😉

  • Salut

    j’adore particulièrement le style.

    Comme je suis plutôt un gnostique qu’un magicien, le « peu importe que ce soit vrai » ne me convient pas tout à fait.

    Un des présupposés que les mystiques ont sur les scientifiques est qu’ils sont « rationnels ». Mais ils ne le sont pas. Ce n’est pas « rationnel » de nier des phénomènes parce qu’ils ne sont pas reproductibles ou prouvables par les statistiques. Ce n’est pas « rationnel » de croire en la réalité des concepts qu’ils utilisent pour expliquer le monde (et je ne parle pas des faux raisonnements). Cela fait que ce qu’ils voient n’existe pas, et ce qu’ils conçoivent existe. Ils ne voient donc que ce qu’ils veulent bien voir.

    La plupart des gens croient en effet ce qu’ils veulent bien croire, c’est bien pour cela qu’il est impossible de convaincre qui que ce soit. Mais je suis convaincu que certains ont ce qu’il faut pour entrevoir la vérité. Ce qui nous fait deux catégories de personnes : celles qui pensent juste parce que c’est leur nature d’être dans la vérité, et celles qui se trompent parce que c’est comme ça pour elles.
    On ne peut toujours pas distinguer le vrai du faux, mais l’arrière-plan change : ce n’est plus « indifférent ».

    Ce ne sont plus la magie (ou les phénomènes paranormaux) et la science qui se font face, ce sont deux natures également répandues dans les deux camps.
    C’est très embêtant parce que cela nous fait aussi des magiciens qui sont toujours convaincus que leur magie fonctionne, quoi qu’il advienne réellement.

  • « Nous sommes à l’orée d’une terre vierge pour laquelle les cartes du territoire de la science et de la religion généralement employées sont en réalité inutiles et nuisibles. »

    Enlève le mot « science » de ta phrase, Mel.
    Et tu obtiens exactement ce que disent les scientifiques depuis le XIXeme siècle… Ceux-là mêmes qui ont transformé la science en poison, en Tekne dénuée de toute Poiesis.

    Tu ne veux tout de même pas que la magie suive le même chemin?

  • Il me semble que dans toute typologie, on puisse considérer chaque type comme constitué d’un pôle hypothétique, qui le définit et en recoupe les multiples caractéristiques, autour duquel se répartiraient, à plus ou moins grande distance de ce pôle, la foultitude d’exemples subsumés à ce type. Donc, à mesure que l’on s’éloigne du pôle, les exemples sont de moins en moins caractéristiques du type. C’est un premier point.
    Si l’on souhaite maintenant considérer ce qui oppose deux types, il faut considérer leur interface, leur point de contact, autrement ils n’ont rien en commun, et l’opposition n’existe pas -j’admets qu’il s’agit d’un axiome contestable. Or que trouve-t-on à cet interface ? Des exemples-limites, qui se rapportent de très loin aux types comparés et qui n’en ont plus vraiment les caractéristiques. Qu’est-ce que cela signifie, en clair ? Simplement que le découpage typologique ne permet pas de rendre compte des oppositions/antagonismes entre les types de façon convenable et pertinente.
    La preuve, c’est que la science, loin d’être opposée à la Magie, la rejoint parfois très étroitement, notamment lorsque l’on considère un mouvement magique un peu plus liminaire, comme l’est, ce me semble, la Chaos Magick dans son ensemble. Un exemple ? Le bootstrapper, partisan du bootstrap de Geoffrey Chew, certes une espèce rare parmi les physiciens, et presque tout à fait disparue aujourd’hui, en est un, très clairement ! L’idée du bootstrap est simple : aucune théorie ne peut être considérée comme particulièrement vraie, et il faut alors accepter de passer de l’une à l’autre, sans préférence, et sans se soucier de leurs possibles contradictions, pour espérer pouvoir rendre compte du monde physique. Un autre exemple ? Cette fois-ci, il concerne la frontière Magie-religion, j’orienterai si vous le voulez bien votre regard du côté de la Macumba, une des rares religions où de nouveaux dieux peuvent être créés par les adeptes. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Quant à la frontière science-religion, elle a déjà été soulignée plus haut, et on rappellera encore l’acte de foi de Wolfgang Pauli qui, croyant fermement à la validité du premier principe de la thermodynamique, a abouti à la découverte du neutrino.
    Ceci dit, bien que j’ai conscience de livrer là une critique assez acerbe de cet article, je soulignerai tout de même sa qualité certaine, et notamment sa lisibilité, sa fluidité, qui sont des qualité rares et ô combien appréciables !

  • Très bon texte, très vrai.

  • Ho mazette!

    C’est tout le débat entre l’Intuition et la Raison.

    L’Intuition se fonde sur le mimétisme, elle ouvre des portes, ma PNL raisonnante prouve que si tu te fonde sur l’inspir et respir de Georges, mirakeul, tu arrives à entrer dans son monde. Tin c’est ha-llu-ci-nant! la Magie va dans ce sens, le mesme donne la clef de la porte, ensuite vient l’Intention le déclic, observé observant, qui est aussi Idée. Et là la notion de Foi et Amoor est le fil sel de l’expérience.
    Schwaller de Lubicz explique très bien tout ça.
    La science raison agglomère tout ça et en fait un tour de passe passe sans voile, chapeau l’artiste! mais bon c’est un monde sans relief, la lumière de la raison n’est pas vivante, le Mage observe la lumière Vivante, parce qu’il est sur un pied d’égalité avec elle.

    C’est avant tout un rapport à L’Univers qui nous anime, le Mage affronte de l’intérieur la lueur et les Idées, Y a t il une différence entre idée et lumière?
    Le raisonnable la voit à l’extérieur, et Bohr de dire Tin fanche culotte! quand je regarde et que je change de ton, tin ça boooouuuggggeeeee…!!!!!

    Les deux versions de la Vie sont nécessaires, Objectives ou raisonnable ou bien Subjectives Intuitive, il y a des dangers dans les deux voies, sceptiscisme ou bien folie, Le pont de Sira parait être le bon compromis.

    Que l’Esprit Vous accompagne!

    Djokkar.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *