Rhésus revient parmi les siens !

*Driiiing! gre_images_genese02 Rainin’ blood de Slayer résonne dans votre radio-réveil*

« Debout les crabes, il est 5h30 et la mer rouge va monter… Rectification, l’esprit d’Alain Gillot Pétré vient de secouer le guéridon du breakfast pour m’apprendre qu’au contraire, elle va descendre, sortez couverts !« 

A l’aube du 25 juillet 2001, le flux de sang qui s’est déversé sur leurs têtes n’a que modérément fait marrer les habitants de Kerala, une province située au sud-ouest de l’Inde. D’autant que la plaisanterie céleste s’est reproduite à 124 reprises en l’espace de 2 mois à compter de cette date.

Alors, faut-il crier au paranormal ou plus pragmatiquement au parapluie ? On ne le saura sans doute jamais car le mystère, à l’image de l’hémoglobine tombée à verse, s’est épaissi avec le temps au fur et à mesure que les hypothèses ont révélé des lésions de la même veine scientifique.

Pourtant, aussi incongru qu’il puisse paraître, ce phénomène n’a rien d’anodin, ainsi, en France en recense chaque année en moyenne deux cas similaires. Cependant la différence majeure avec celles de Kerala est que ce qui pourrait s’apparenter à du sang n’est en réalité que du sable saharien véhiculé par les caprices du dieu Eole. Une fois la composition de ces précipitations définie, il ne reste qu’une poignée de cas aux origines inexplicables.

Charles Fort (1874-1932), précurseur du réalisme fantastique auxquels font référence des auteurs comme Lovecraft ou Pauwels et Bergier, en dénombre quelques-uns dans son oeuvre intitulée Le livre des Damnés. Là où la science devient muette, il fait preuve d’une prolixité imaginative démesurée, tant et si bien qu’il est souvent difficile de savoir où il situe la frontière entre sérieux et gravité. Or, si l’on s’en tient aux faits et que l’on fait abstraction des élucubrations d’un visionnaire s’étant résigné, pour notre plus grand plaisir, à recourir à cette arme ultime qu’est l’humour, les faits n’en demeurent pas moins.

Entre 1812 et 1888, le phénomène se décline à cinq reprises de sang, d’Ulm en Allemagne à la Cochinchine, notre actuel Vietnam sans que l’on puisse y trouver autre chose que des formes évoquant des globules rouges. Malheureusement, personne n’a jugé utile d’assurer la relève de celui qui torréfiait son grain trop Fort de café dans ses écrits. Il fallut donc attendre que cette aube rouge se déchire au-dessus de l’Inde pour que les scientifiques insufflent un sang nouveau à ce type de phénomènes.

Quatre théories différentes vont alors tenter de l’expliquer sans parvenir pour autant à l’emporter, l’une d’elles laissant présager que la folie consciente de Charles Fort flirtait parfois avec le génie.

[1ère hypothèse : Une origine biologique végétale]

Sur les toits des habitations de cette province, prospère youplaboum un lichen, fruit des amours d’une algue et d’un champignon. Lorsque celui-ci, exposé à de trop fortes chaleurs se déssèche, il tente de se reproduire par l’intermédiaire du spore en chambre qu’il pratique avec les cumulus. Ces particules rouges se seraient mêlées aux intempéries et seraient retombées en pluies colorées par sa présence.

Or les relevés de pluviométrie réalisés pendant cette période propice à la mousson indiquent que le lichen dans de telles conditions n’aurait en aucun cas ressenti le besoin d’essaimer avec les nuages.

[2ème hypothèse : Une origine biologique animale]

La province de Kerala, la seule de l’Inde autorisant l’abattage des bovidés à des fins alimentaires voit converger chaque année de nombreux éleveurs venus de tout le pays pour y négocier leur cheptel accessoirement sacré. Leur sang est recyclé sous forme d’engrais qui sont épandus sur les cultures de coton et de coco. j’en profite pour saluer nos amis végétariens. Ce compost animal aurait été emporté par le vent et serait revenu au sol selon le même principe que dans le premier cas exposé. Là où le bât blesse la théorie de la vache, c’est qu’aucune trace de terre mélangée à l’engrais n’a été détectée dans le principe de la pluie pourpre.

[3ème hypothèse : Une forme de Panspermie]

Trois heures avant que le mystère ne se précipite au sol, une violente explosion a été entendue par toute la Province. Or, il ne pouvait s’agir d’un avion franchissant le mur du son puisque aucun appareil militaire ou civil ne survolait l’espace aérien à cet instant. Les partisans de la panspermie en profitent pour saisir la météorite au vol. Selon eux, un corps céleste se serait désagrégé lors de sa pénétration dans notre atmosphère et ses résidus se seraient mélangés aux nuages, on connaît la suite. Cependant les particules sont trop proches d’éléments biologiques terrestres pour qu’on puisse valider définitivement la thèse.

[4 ème hypothèse : C’est la faute à Batman!]

Charles Fort ne l’aurait pas reniée celle-là. Un vol de chauve-souris, très répandues du côté de Kerala aurait été pulvérisé par la météorite de la troisième variante. Le sang de ces infortunées créatures de la nuit serait venu vampiriser les nuages pour ensuite terroriser les pauvres mortels dans une projection se situant entre Dracula et Deep Impact. Bien que la structure des globules rouges de ces chiroptères ressemble à s’y méprendre à celle décelée dans la pluie, aucune pièce détachée provenant de ces mammifères n’a pu être récupérée, malgré les nombreuses investigations menées sur le terrain.

Aussi séduisante que soit la dernière théorie, qui demeure la plus crédible des quatre, le mystère, dans un mimétisme sournois, continuera à jamais de planer au-dessus de Kerala.

©Endemoniada 2008

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