Science et phénomènes paranormaux – discussion avec Sylvain Poirier – 1
Ci-dessous la première partie de la discussion que nous avons entamée par le biais d’e-mails avec Sylvain Poirier, suite à ma lecture de son article : La zététique sujette à des dérives pseudo-scientifiques.
Nos échanges, qui sont toujours en cours, portent sur la capacité de la science à appréhender les phénomènes paranormaux. Dans l’un de mes premiers courriers, je disais : « Je pense de plus en plus que les phénomènes dits paranormaux n’ont rien à faire avec la science, ou pour le dire autrement qu’on n’attrape pas de l’eau avec une fourchette ». Il s’en est suivi une conversation que je pense suffisamment intéressante pour être reportée ici. Si des intervenants ont quelque éclairage à apporter sur la question, je les invite volontiers à s’exprimer sur le Forum.
Sylvain Poirier :
Je pense pour ma part que toute réalité extérieure qui a des effets sur la vie et qui est qualifiable en termes de vrai ou faux (à la différence de l’art qui n’est pas fait de questions en vrai ou faux) est potentiellement scientifiquement étudiable et prouvable, même si une telle étude peut s’avérer extrêmement longue et difficile. En effet la science ne craint pas les difficultés et les subtilités, et peut porter sur n’importe quelle sorte d’observation. Il suffirait d’y mettre le temps et les moyens, et de ne pas être pressé. La science est jeune d’à peine quelques siècles et a probablement des millions d’années devant elle pour se rattraper sur ce qui aura pu lui échapper dans un premier temps.
Si ça n’a rien à faire avec la science, avec quoi d’autre ? Le simple témoignage humain pour commencer (par exemple les témoignage de NDE), OK.
Par contre, très peu les « enseignements spirituels ». Certes ceux-ci n’ont aucune gène à parler de ce qui n’est pas « vérifié », mais ça n’est guère qu’ils aient plus de lumières à ce sujet, mais davantage parce qu’ils n’ont aucune gène à raconter n’importe quoi en général. Certes il peut toujours y avoir des bribes de vérité, mais un gros travail de tri reste à faire, ce qui exige de la raison. Voir en ligne.
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Melmothia
>>> Je pense pour ma part que toute réalité extérieure qui a des effets sur la vie et qui est qualifiable en termes de vrai ou faux (à la différence de l’art qui n’est pas fait de questions en vrai ou faux) est potentiellement scientifiquement étudiable et prouvable, même si une telle étude peut s’avérer extrêmement longue et difficile.
La méthode scientifique moderne avec des principes tels que le rasoir d’Occam ou la méthode expérimentale n’est pas appropriée. Les sciences actuelles sont dépendantes du « quantifiable », or les expériences paranormales sont toujours du côté du qualitatif. Comme un certain nombre de chercheurs dans ce domaine (je n’ai pas leurs noms à l’esprit), je pense que des phénomènes comme la voyance ou la télépathie sont intrinsèquement dépendants d’une charge affective. Le matériel ne saurait, comme cela est exigé, être « neutre ». Voir des carrés et des ronds sur des cartes Zener me semble être de la haute voltige ! Bravo à ceux qui y parviennent. Plus généralement, comment prouver ce qui ressort à la fois du vécu subjectif, du phénomène rare, etc. ? Une résolution sage, que tient la parapsycho, consiste à ne considérer que ce qui peut éventuellement être attrapé au filet expérimental. La démarche est intéressante mais laisse une grande partie des phénomènes de côté et nous savons à quel point la parapsycho est à l’étroit dans ses chaussures, contrainte pour commencer de prouver l’existence de phénomènes dont on ignore les conditions d’apparition. Sans oublier que la science moderne assise sur la causalité matérielle ne laissera jamais « passer » ce qui la met en péril.
>>> La science est jeune d’à peine quelques siècles et a probablement des millions d’années devant elle pour se rattraper sur ce qui aura pu lui échapper dans un premier temps.
Là, je suis éventuellement d’accord… Mais il faudra que la science ou la nouvelle discipline à venir invente de nouveaux outils.
>> Si ça n’a rien à faire avec la science, avec quoi d’autre ?
Très bonne question. Je l’ignore et je crains que la réponse soit actuellement « avec rien de connu ». La science a mis des siècles à émerger, comme vous le dites, alors peut-être qu’un nouveau mode de connaissance émergera un jour.
>>> Par contre, très peu les ‘enseignements spirituels’.
La raison n’a rien à faire avec la religion ! Mais il est vrai que les soi-disant « enseignements spirituels » sont souvent des pièges à gogos ou de vastes réservoirs de rêves. Je ne crois pas les systèmes de croyances davantage capables que la science de rendre compte du « paranormal ».
Je ne pense évidemment pas qu’il faille jeter la parapsycho aux orties (au contraire, j’estime beaucoup leur travail), mais mes expériences personnelles dans ces domaines brumeux m’ont conduit à penser qu’il s’agissait ‘d’autre chose’, encore à définir et à découvrir. Pour tout dire, et malgré les siècles d’ouvrages, d’expériences et de gloses, je pense que c’est un territoire vierge.
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Sylvain Poirier
>>> La méthode scientifique moderne avec des principes tels que le rasoir d’Occam ou la méthode expérimentale n’est pas appropriée.
La méthode scientifique moderne, d’abord ce n’est pas une méthode, mais une profusion de méthodes, riche de très nombreuses subtilités. Il ne faut surtout pas se fier aux zététiciens pour s’en faire une idée. Ceux-ci, à l’esprit étroit, ont la manie de n’en retenir qu’un petit nombre et de faire une fixation dessus. La science c’est aussi la complexité.
>>> Les sciences actuelles sont dépendantes du quantifiable.
Pas uniquement. La science c’est aussi l’étude des relations, de la complexité.
>>> Plus généralement, comment prouver ce qui ressort à la fois du vécu subjectif, du phénomène rare, etc.?
Une expérience individuelle peut effectivement être difficile à appréhender, mais le monde est grand et le temps est long, de sorte que chaque sorte d’évènement peut revenir un grand nombre de fois, on peut en faire des catalogues, les comparer, voir les ressemblances et les différences, etc.
>>> Une résolution sage, que tient la parapsycho, consiste à ne considérer que ce qui peut éventuellement être attrapé au filet expérimental. La démarche est intéressante mais laisse une grande partie des phénomènes de côté.
Le « filet expérimental » n’est pas un truc étroit fixé à l’avance, on peut inventer des foultitudes de manières d’étudier et d’expérimenter suivant les questions qu’on se pose. Ca peut être très difficile, mais pas forcément plus que tant d’autres sciences dont le succès a nécessité des quantités astronomiques de travaux. Et qui sommes-nous pour exiger de trouver des conclusions de notre vivant ? La science a des siècles voire des millions d’années devant elle pour se développer au bénéfice des générations futures.
>>> Sans oublier que la science moderne assise sur la causalité matérielle.
SVP ne confondez pas la science avec l’orientation philosophique de certaines personnes qui en usurpent le nom pour mettre en avant leurs croyances.
>>> Elle ne laissera jamais ‘passer’ ce qui la met en péril.
Ne pas confondre la science, art de recherche de la vérité et d’exploration du réel, avec les psychopathologies de quelques individus qui usurpent son nom pour promouvoir leurs croyances. La science n’a ni sentiment ni volonté. À chacun de trouver comment le réadapter à chaque sorte de réalité à étudier.
>>> La science est jeune d’à peine quelques siècles et a probablement des millions d’années devant elle pour se rattraper sur ce qui aura pu lui échapper dans un premier temps.
> Là, je suis éventuellement d’accord : ) Mais il faudra que la science ou la nouvelle discipline à venir invente de nouveaux outils.
La science a déjà l’habitude d’inventer régulièrement de nouveaux outils : )
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Melmothia :
Je conçois ce que vous dites, mais n’étant pas scientifique moi-même, je ne connais de la science que ce qu’en disent les expérimentateurs et les épistémologues. Je me suis arrêtée à la causalité matérielle et les divers principes de la méthode scientifique comme bases de la science moderne. Lorsque vous parlez de « méthodes autres » que la méthode expérimentale ou de la considération de causalités autres que matérielles, pourriez-vous être plus précis et me donner des exemples ? Je vois mal quels domaines de la science auraient débordé le classique cause/conséquences, mais je ne perçois sans doute pas tout l’horizon.
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Sylvain Poirier
>>> Lorsque vous parlez de ‘méthodes autres’ que la méthode expérimentale ou de la considération de causalités autres que matérielles par la science, pourriez-vous être plus précis et me donner des exemples?
Par exemple il n’y a pas d’expérimentation en astronomie : on ne peut pas refaire des étoiles et des galaxies soumises à des conditions contrôlées, on doit se contenter d’observer celles qui existent.
Par exemple dans l’expérience d’Alain Aspect, on vérifie une loi prédite par la théorie quantique alors même que la question de la matérialité des causalités en jeu est hautement problématique.
Par exemple on peut faire des expériences de psychologie sociale, alors même que rien n’indique si les causalités psychologiques étudiées sont ou non matérielles. Voir en ligne.
Par exemple on peut chercher à reconstituer et à comprendre autant que possible l’histoire de l’évolution des espèces au cours des dizaines et centaines de millions d’années, alors qu’il ne s’agit pas d’expérimentations, et sans dépendre a priori de la question de savoir si la nature profonde des causalités qui animent les objets étudiés (à savoir ici des êtres vivants) est purement matérielle ou pas.
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Melmothia
Peut-être avons-nous simplement un problème de définition. Vous appelez de vos vœux une réforme, du moins une évolution de la science ; de mon côté, j’espère la constitution d’autres modes de relation au savoir. Cela revient peut-être au même. Cet « autre » sera peut-être la science de demain, mais ne devra-t-on pas inventer alors un autre mot que « science » ? néo-sciences? Non c’est très laid : )
Vos exemples cependant ne m’ont pas convaincue. L’observation fait déjà partie du corpus de la méthode scientifique et le critère (respecté par l’astronomie) est la stabilité ou la répétition des phénomènes. Lorsque ceux-ci sont trop aléatoires ou rares, ils ne sont « validés » qu’avec l’apport de nouveaux éléments, plus « tangibles ». Je pense par exemple à cette histoire des ‘vagues monstres’ – freak waves en bon british – ; les météorologues et toute la clique des ‘gens sérieux’ ont pris les marins de haut, pensant qu’ils élucubraient ou que les observations de vagues de 20 mètres de haut n’étaient que des superstitions répercutées de port en port… Jusqu’au jour où la-vague-qui-n’existe-pas a coupé en deux une plate-forme pétrolière. En fin de compte, le phénomène se montra suffisamment turbulent pour être accepté. Sans quoi il se serait resté relégué dans la même cour que le Yéti et les ovnis.
Les théories de l’évolution ne sont si confortablement acceptées que parce qu’elles éliminent toute forme de téléologie et sacrifient au dieu hasard. Je suis peut-être cynique, mais je crois qu’une théorie est rapidement acceptée, non parce qu’elle a des accents de vérité, mais parce qu’elle est séduisante pour l’idéologie en place. En attendant, les darwiniens ont toujours des ocelles de papillon en travers de la gorge.
Ne vous y trompez pas, je n’ai rien contre la science et une fois de plus, je salue le courage des parapsychologues qui remontent le courant à la mode des saumons. L’élaboration de la méthode scientifique est assurément un coup de génie. C’est sa dictature qui me dérange et cette idée très généralement répandue que tout savoir doit se mesurer à son étalon, ou en raccourci que science = vérité. Présenté ainsi et ainsi admis par le grand public, on dirait vraiment un slogan de secte… Ce que je prétends est seulement marquer ses limites et suggérer que d’autres modes de savoir peuvent exister. Ils existent d’ailleurs déjà, même si assis sur une peau de chagrin qui se rétrécit au gré du dieu économie : l’histoire, l’anthropologie, la linguistique, la psycho clinique et beaucoup d’autres… Ces domaines ne sont pas scientifiques, car ils ignorent la prédictibilité, et pourtant ils tournent.
Car pour revenir sur les disciplines que vous citez, la psychologie est un bon exemple. La psychologie sociale n’a pignon sur rue que parce qu’elle respecte également la méthode scientifique. J’ai fait un détour par des études de psycho et je connais donc un peu les protocoles mis en oeuvre. Ils sont conformes à la science et les résultats sont analysés par validation statistique (plus encore dans la psychologie cognitive qui s’approche davantage des sciences dites dures). Quant à cette branche marginale de la psycho qu’est la psycho clinique (inspirée de la psychanalyse), elle ne saurait en aucune façon être une science (pas de preuve, pas de prédictibilité, etc.). Concrètement, pour la parenthèse politique, il en résulte que les psychologues sont moins estimés, moins payés que les psychiatres ; ces derniers n’ayant pourtant que peu de bagages en psychologie, car s’étant spécialisés dans la médecine, les médocs et tout le toutim. La psycho est parfois qualifiée de ‘science molle’ et doit se battre pour un semblant de reconnaissance. Qu’elle soit critiquable certes, mais ce n’est pas la vraie raison de sa disgrâce, la vraie raison, c’est qu’elle ne respecte pas la méthode scientifique.
Dans les faits, la psycho clinique est plus proche de ces domaines non scientifiques que sont l’histoire, l’anthropologie, etc. Il en résulte d’ailleurs dans l’esprit du public (et très prosaïquement dans les crédits alloués aux labos de recherche) qu’ils sont moins estimés que les sciences « dures ». Il arrive même à nos gouvernements de se demander « à quoi ça sert ? »… Précisément, là où l’histoire a encore le droit d’exister, mais où la psychologie clinique pèche, c’est qu’elle prétend soigner sans validation scientifique. Plutôt que discipline ‘décorative’ ou loisir (c’est ce qu’on dit depuis peu de la littérature et de l’histoire… ), elle se promène sur les pelouses des gens sérieux. La marginalisation qui en découle est-elle un bien ou un mal, je n’en sais rien, car en beaucoup d’endroits la clinique est discutable. Cependant, j’ai tendance à penser que l’existence de savoirs ou pratiques en dehors des validations officielles est plutôt un bien.
Concernant la quantique, il est vrai qu’elle laisse plus d’espoir en ouvrant la science vers d’autres fonctionnements, mais je ne prétends pas la comprendre & surtout elle est reprise à toutes les sauces par les spiritualités que vous évoquiez précédemment. Récupérée comme un slogan et non un outil de savoir. Je lisais encore récemment « la voyance s’explique par la quantique ». Magnifique, mais encore ? : ) Eh bien, encore rien.
Je reste donc en fin de compte méfiante sur ce cross-over des domaines, d’autant qu’à appliquer une carte de Moscou à la ville de Paris, on risque de se mélanger les rues et de sacrifier au réductionnisme. Car c’est le risque principal de la démarche. À ma connaissance, les sociologues n’ont rien compris à la magie, se contentant de compter les bûchers et brandir de vagues « malaises sociaux », les psychologues traitent les manifestations de symptômes et même les anthropologues continuent de biberonner à Frazer et aux « gentils primitifs »… Plus généralement, quand d’autres secteurs se mêlent de paranormal, ésotérisme, magie ou ufologie, ils parlent de tout sauf des domaines concernés… La science, en appliquant son filtre à des domaines pour lesquels ils ne sont pas calibrés, fera-t-elle mieux ?
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Sylvain Poirier
Encore une fois vous insistez à croire en l’image simpliste et dégénérée que les zététiciens donnent de la science. C’est trop d’honneur que vous leur faites.
>>> de mon côté, j’espère la constitution d’autres modes de relation au savoir.
Autres que quoi ? Autres que ce que présentent les zététiciens et qui n’a pas grand-chose à voir avec la réalité des sciences.
>>> Vos exemples cependant ne m’ont pas convaincue. L’observation fait déjà partie du corpus de la méthode scientifique et le critère (respecté par l’astronomie) est la stabilité ou la répétition des phénomènes.
Il serait un peu osé de parler de stabilité ou de répétition pour les supernova, même si on a finalement pu en récolter à la pelle (mais très faiblement chacune) en étendant l’observation aux galaxies lointaines.
>>> Lorsque ceux-ci sont trop aléatoires ou rares, ils ne sont « validés » qu’avec l’apport de nouveaux éléments, plus « tangibles ». Je pense par exemple à cette histoire des « vagues monstres » – freak waves en bon bristish – ; les météorologues et toute la clique des ‘gens sérieux’
Quels gens sérieux ? Des physiciens ?
>>> En fin de compte, le phénomène se montra suffisamment turbulent pour être accepté. Sans quoi il se serait resté relégué dans la même cour que le Yéti et les ovni.
De deux choses l’une :
Soit un phénomène est vraiment trop, trop rare pour pouvoir être précisément vérifié où que ce soit dans le monde même sur une période de plusieurs siècles ; mais alors, à quoi bon s’obnubiler dessus ? Autant l’oublier sans trop de dommages. Soit il n’est pas aussi rare, auquel cas, ayons un peu de patience : ça finira bien par être reconnu.
>>> Les théories de l’évolution ne sont si confortablement acceptées que parce qu’elles éliminent toute forme de téléologie et sacrifient au dieu hasard.
Pas d’accord. D’abord vous reprochez à la science une supposée ressemblance avec les religions, sur un sujet pour lequel il n’y a de fait que des religions pour essayer encore de la contredire. Dès lors je ne vois plus quelle sorte de déontologie vous essayez de défendre.
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Melmothia
>>> Soit il n’est pas aussi rare, auquel cas, ayons un peu de patience : ça finira bien par être reconnu.
Je vous trouve optimiste, le rasoir d’occam pourrait bien décapiter la majorité des prétendants au passage. Mais il est vrai que tenter d’imaginer ce que pourrait être le savoir ou la science dans mille ans rend notre dialogue quelque peu vain : )
>>> Les théories de l’évolution ne sont si confortablement acceptées que parce qu’elles éliminent toute forme de téléologie et sacrifient au dieu hasard.
> Pas d’accord. D’abord vous reprochez à la science une supposée ressemblance avec les religions, sur un sujet pour lequel il n’y a de fait que des religions pour essayer encore de la contredire. Dès lors je ne vois plus quelle sorte de déontologie vous essayez de défendre.
Je ne dis pas que les évolutionnistes ont raison ou tort (j’en sais rien et eux non plus) de penser que l’évolution est entièrement tributaire du hasard et ne fonctionne que par la sélection naturelle, mais que c’est ce point qui donne sa « respectabilité » aux théories Darwiniennes, ou plutôt qui fait de ces disciplines des « sciences ». L’évacuation de la téléologie est une condition sine qua non de la science ; si un « but » revient d’une façon ou d’une autre par la fenêtre, la religion pointe son nez illico, mettant la méthode scientifique en péril. Je ne faisais que répondre à vos exemples. Autrement dit, je ne crois pas que les théories de l’évolution suivent une autre forme de causalité ou de méthodologie que celles que j’ai déjà identifiées comme inhérentes à la science.
Qu’il n’y ait que les religions pour contredire la science est justement ce qui me dérange. Couper le monde en deux et réduire tout effort de savoir à l’un ou l’autre pôle ? Raison contre irrationnel ? L’univers n’est-il pas plus complexe ? Imaginons que les fantômes existent et qu’un quidam malin le prouve. Que pourrait bien en faire la science ? Les réduire à du connu ? Elle le fera sans doute au début, mais devra plutôt se réinventer elle-même si elle veut être fidèle à ses ambitions et dans ce cas, n’aura plus rien de commun avec ce que nous appelons aujourd’hui « science ». Il faudra d’autres méthodes, d’autres théories, d’autres modes d’appréhension du monde ; autrement dit, il ne suffira pas d’adapter les vieux outils – ce que font aujourd’hui ceux qui étudient le paranormal, parce qu’ils ne peuvent procéder autrement. C’est précisément ce qui me dérange et je devrais plutôt dire « la science en l’état actuel » ne peut appréhender le paranormal. L’autre pôle, la religion, est encore moins armée. Elle n’applique que de vieux schémas de diables, d’anges et d’exorcismes.
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Sylvain Poirier
> Les théories de l’évolution ne sont si confortablement acceptées que parce qu’elles éliminent toute forme de téléologie et sacrifient au dieu hasard.
À lire cette phrase au sens strict, je ne suis pas d’accord. Je pense que la raison principale de leur succès est qu’elles décrivent très bien le monde. De plus, c’est là un procès d’intention adressé aux scientifiques.
Certes certains d’entre eux peuvent certes avoir une motivation idéologique, dont d’ailleurs je pense qu’elle est une réaction expliquée, voire partiellement justifiée par l’obscurantisme réel dont les religions ont fait preuve à la base. Mais pour la plupart, il me semble que la communauté scientifique n’est animée d’aucune motivation particulière vis-à-vis des questions d’ordre religieux auxquelles ils ne s’intéressent même pas, mais se contente d’observer le réel.
> Je suis peut-être cynique, mais je crois qu’une théorie est rapidement acceptée non parce qu’elle a des accents de vérités mais parce qu’elle est séduisante pour l’idéologie en place.
C’est effectivement une conception assez cynique, au sens où elle ne donne aucun espoir de solution même à long terme. Pour ma part je trouve aussi que le monde a d’énormes problèmes, mais qu’à long terme il est possible de les résoudre…
En l’occurrence, je ne suis pas d’accord dans la mesure où il y a à mon sens les mouvements idéologiques d’un côté, que je qualifierais d’irrationnels dans la mesure où le débat y est passionnel et manque cruellement d’approfondissement scientifique – j’inclus là les zététiciens ; de l’autre, la recherche scientifique, relativement dépassionnée, ou du moins où le cœur de l’activité respecte une logique rationnelle développée systématiquement, et les conclusions sur chaque question donnée dépendent de ce qui est effectivement démontré et non des éventuels désirs animant les acteurs.
Donc sur la phrase ci-dessus : de quel milieu social s’agit-il ?
Voir dans mon texte : Démarche. Les passages :
« 3) Quelques explications plus détaillées :
…..
… aux mains des ignorants. »
>>> C’est sa dictature qui me dérange
La dictature de quoi ? Encore une fois, ne pas confondre la méthode scientifique avec les pratiques d’un groupe idéologique qui s’en réclame.
>>> et cette idée très généralement répandue
Déjà, dès que je lis l’expression d’« idée très généralement répandue », je n’ai pas besoin d’aller plus loin pour m’attendre à ce que ça n’ait pas grand-chose à voir avec la science.
>>> que tout savoir doit se mesurer à son étalon,
Une telle expression n’a pas de sens tant que sens ici du mot « étalon » n’est pas précisé. Or son vrai sens est ce qui se rapporte à ce que font et vivent les scientifiques, et n’est donc véritablement compris que par ces derniers. Une phrase même la plus vraie du monde peut devenir fausse dès qu’elle est prononcée par des gens qui ne la comprennent pas. Dès qu’on quitte la communauté scientifique pour entrer dans le domaine des « idées largement répandues », l’idée que « tout savoir doit être mesuré à l’étalon de la science » ne peut plus être une idée à part entière (faute de porter son sens), mais un morceau d’idée, de sorte que je ne vois guère de sens ni d’intérêt à en discuter.
>>> ou en raccourci que science = vérité. Présenté ainsi et ainsi admis par le grand public
S’agit-il de débattre d’une question de fond sur la science, ou bien d’une question sur l’état de l’opinion publique ?
>>> on dirait vraiment un slogan de secte…
S’agit-il de débattre de détails d’impressions superficielles, ou bien de questions de vérité ?
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Melmothia :
>>> S’agit-il de débattre d’une question de fond sur la science, ou bien d’une question sur l’état de l’opinion publique ?
Les deux en ce qui me concerne. Pour commencer, j’ai du mal à adhérer à l’idée d’un savoir-diamant dégagé de sa gangue culturelle. J’ai trop lu Foucault – je pense que tout savoir est contextuel. L’opinion publique compte, d’abord parce qu’elle est le reflet d’un état d’esprit de son époque et permet donc d’identifier les filtres et les préjugés dont nous sommes tous victimes. Ensuite, c’est elle qui tient une partie du pouvoir décisionnel, par ses ajustements éthiques et politiques. Les zététiciens savent très bien qu’il est important de la conquérir, par idéologie certes (dans une sorte de mission évangélique dont ils se croient investis) mais également simplement pour avoir le droit d’exister. Les conséquences sont très concrètes, la France est l’un des seuls pays où les recherches parapsychologiques fonctionnent à fonds privés. Ensuite, je suis une grande lectrice d’ouvrages ‘ésotériques’ au sens large et toujours désolée du pauvre contenu que la plupart recèlent. La faute en est selon moi attribuable au mépris dont sont victimes ces domaines. Puisque ces savoirs sont déconsidérés, on peut y dire n’importe quoi, il aura toujours des gogos pour y croire. On y publie même de préférence n’importe quoi, car c’est plus vendeur. Quelle importance, me direz-vous ? Eh bien, hormis mes frais indécents de bibliothèque et le frein que cette complaisance impose aux savoirs (des témoignages ou réflexions intéressantes resteront dans l’ombre et une grande confusion règne dans ces domaines), les observations de phénomènes et témoignages que vous évoquiez se feront toujours au filtre des tendances culturelles dont on sait qu’elles vont jusqu’à modifier nos perceptions et pourquoi pas, les phénomènes eux-mêmes. Bertrand Méheust disait que dans une société de chamanes, on trouvait beaucoup de chamanes spontanés et que dans une société qui ne croirait pas au surnaturel, les phénomènes tendraient à disparaître… J’ignore si son idée est vraie, mais elle mérite d’être considérée.
(A suivre)
Mots-clefs :Sylvain PoirierIllustration : Casque Ganzfeld, extrait du blog CraigT’s AVS.
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je trouve l’approche de ce scientifique et d’ailleurs des sciences en règle général en ce moment trop désireux d’oublier justement leur histoire et le fonctionnement créatif qui est a ca base! Prétendre par exemple que Einstein a simplement observer le réel ces oublier que des dizaines d’autre physicien on fait de même sans y voir la même chose que lui
Nous voyons bien a travers cette exemple a qu’elle point il y a un fondement profondément subjectif et créatif a toute tentative d’explication du monde par une science
L’idée profondément marketing d’une science par de la toute émotion est dramatiquement a l’inverse de tous réel travail de recherche on est la face aux fantasme des ingénieurs qui de loin en loin vienne souvent a oublier que le monde qu’il décrivent est tellement pris dans les conditions d’expérimentation qu’ils imposent en définitive la forme meme du onde qu’ils decrivent
la qualité de la connaissance qu’ils amennent et certes certaine mais peux apte a décrire un monde naturelle et réel
De plus il me semble qu’il y a bien la le fondement même d’une réel épistémologie complexe incluant dans sont fondement la conscience créatrice des conditions d’acceptation du réel (comme bergson la très bien démontrer)
De plus a l’heure ou la physique LA GRANDE physique en viens a ce poser des questions si fondamentale que nous somme obliger de conjecturer des particules absolument indémontrable par l’expérience et dont l’existence doit être absolument certaine pour permettre aux système classique du tableaux périodique des éléments de s’expliquer on est en droit de ce demander si la téléologie scientifique ne consiste pas parfois aussi a faire preuve de croyance et ce en dehors de raison suffisante de croire
Néanmoins je pense aussi dans un même temps que remettre en cause la théorie de l’évolution (qui n’as garder de darwinisme que le nom tellement elle a évoluer et fondamentalement un choix idéologique) par ce que la théorie de l’évolution actuel inclue un telle niveaux de complexité qu’on est en mesure de pouvoir conjecturer le fonctionnement de toute les autres formes de penser qui lui sont contingente en claire la complexité a sont plus haut niveau (et touchons la le fondement du chaos) est la meilleur des théorie non car elle est absolument certaine mais par ce que ces la plus apte a accéder a un plus aux niveaux de description des possibles
Passons a la psychologie maintenant
A l’heure ou les sciences de la cognition et l’imagerie cérébrale arrache dans un fracas de gémissement et de débat stérile et contre productif le pouvoir a l’ex idéologie dominante de psychanalyse
Nous ne pouvons qu’être dubitatif devants le manque de connaissance réel qui découle de tous ces torse bomber
On croie joyeusement que décrire le fonctionnement d’un cas suffis a conjecturer une certitude et le saint DSM qui ne fait que grossir quitte a ce contre dire lui même sert d’ultime référence
Et ce aux profit d’une conception d’un homme machinerie qui ce voudrais absolument auto suffisant et surtout jamais aux grand jamais la résultante du monde qu’il l’entourent (imaginez le carnage si enfin on ce rendais compte que ce ne sont pas les gens qui naisse dépressif mais leur con de drh qui les pousse aux suicide )
partant de ce terrain la nous voyons difficilement comment une tentative de parapsychologie pourrais aboutir a de réel moyen et surtout une réel exposition face a la communauté des penseurs qui avouons le pendant qu’on y est sont sagement instruit a ne jamais regarder autre chose que leur diciplines
Peux être enfin de compte y aurais d’il moin de gourou psalmodiant la pataphysique si des scientifique véritable et dans une approche pluridisciplinaire pouvais réellement travailler et ramener leur résultat aussi fou soit ‘il sans ce faire bruler en place publique en couverture de nature
Qu’elle penseur connaisseur de la folie du challenge que la théorie des cordes n’as pas penser un jour que seul un être, maitre entièrement de sont esprit pourrais l’axiomatiser ?
ces ce que pourrais une véritable science marchant sur plusieurs tableaux
nous le savons tous mais aucun de nous ne veux vraiment le voir
ce monde nous dépassent et plus nous avançons plus nous nous en rendons compte ! Des grand génie fondateur de la physique telle que newton on tous eu besoin d’un apport autre que purement raisonner ….. Mais le reconnaitre serais probablement trop dangereux face aux église qui en profiterais pour s’insinuer ……….. toute l’hypocrisie du onde moderne chère Melmothia
Orphee
bonjour,
je suis une personne qui ne croyais sans plus au esprit , mais lors d’une soiré entre fille,Nous avons décidé de faire un peu de vaudou…et nous en sommes pas très fier ! Nous avons commencé a prendre un crane de chien , et des herbes (basilic) avec quelque bougie , et des os de Poisson…et nous nous sommes mis sur une petite terrasse,au commencement nous avons mis 2 bougies sur les deux coin de la terrasse, ont c’est installé sur une table en Marbre… Nous avons disposé la table de façon a avoir le crane en haut du milieu de la table, une bougie au centre,une pierre volcanique a gauche,et les herbes un peu partout…apres ont c’est placé chacune sur chaque coté de la table ( on été 4 filles) et j’ai parlé en une langue inconnu et nous avons commencé un rituel assez inventé, apres une bougie ces eteinte et ces r’allumé…apres on ces piqué avc un os de poisson et nous avons étalé notre sang sur le crane de chien…apres je n’ai pas arrété de rire, je ne pouvais plus m’arrété..et le file a coté de moi ces mise a pleuré et ne pouvais elle aussi s’arrété ! nous sommes rentré dans la maison , dans le salon, et le chat a pas arreté de nous regardé, il nous a meme sauté dessue..nous avons commencé ( Margot celle qui n’arrétais pas de rire , et moi meme ) a voir des tetes..je n’arrétais p
je n’arrétais pas de rire, et l’autre de pleuré…j’en suis meme arrivé a en vomir.. es que nous possédé ?
( je suis tres serieuse !! )