Un petit malheur…

« Si je te trompe, je me suis trompé ; et à tout prendre c’est un petit malheur… Il importe peu qu’on imagine le monde créé de rien ou de quelque chose, qu’on fasse tourner le Soleil autour de la Terre, ou la Terre autour du Soleil… Les seules erreurs pernicieuses sont celles qui se glissent dans la morale ou dans la politique. » (Fabre d’Olivet)

« Compte tenu des disparités dans les opinions cosmologiques, même parmi les sages, il est évident que la vérité qui luit, même faiblement, dans chaque système, est par elle-même paradoxale et ne saurait être appréhendée par l’intellect ni exprimée dans le langage de la raison. Mais il ne faut pas s’en émouvoir et encore moins éprouver un sentiment d’impuissance existentielle devant l’Incompréhensible. On dit que P.D. Oupensky, avant sa mort en 1947, s’entretient avec certains de ses meilleurs amis qui l’écoutaient depuis vingt ans exposer son système et organisaient leur vie en conséquence. Voici ce qu’il leur dit : « Vous devez recommencer. Vous devez prendre un nouveau départ. Vous devez tout reconstruire pour vous-mêmes depuis le début ». Selon Rodney Collin qui raconte cette histoire : « Il faut abandonner tout système de vérité, afin de le laisser repousser ». Sinon il se figera en dogme. Il faudra finalement que nous inventions nos propres systèmes de compréhension universelle, bien que notre vie présente ne soit pas encore le temps pour cela. D’un point de vue métaphysique, il s’agit de restituer le don de la connaissance à l’Esprit qui nous a créés, et qui connaît son univers à travers la connaissance spécifique de chaque être. »

Joscelyn Godwin, Les harmonies du ciel et de la terre, Albin Michel, 1994.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *