Lecture frustrante : L'[intraduisible] de Judas

[11 lignes perdues] et je viens de finir la lecture de l’Evangile de Judas, petit texte gnostique daté à peu près de la fin du IIIe, début du IVe siècle [trois lignes perdues].

Ce texte, retrouvé dans un corpus appelé codex Tchacos à la fin des années 70, a macéré dans un coffre aux États Unis un certain temps, a subi une congélation/décongélation, [six lignes perdues] et des traitements douteux de différents « experts » avant son acquisition par la fondation Maecenas en 2001 et sa publication en 2006.

Mentionné par St-Irénée dans sa diatribe sur les apocryphes de tous poils (dont certains auraient même carrément été inventés, les caïnites par exemple, à qui il attribue le fameux évangile), l’Evangile de Judas est un court texte rédigé en copte. Son credo : Jesus dit à Judas « Tu les surpasseras tous, car tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle »

L’Évangile est constitué de deux parties, d’une part une discussion avec les disciples, durant laquelle Jésus se moque d’eux, et surtout de leur sale habitude de révérer le dieu de l’Ancien Testament, un pauvre sous-fifre qui est le méchant de l’histoire, ayant bloqué dans notre « plan » l’humanité, alors qu’il y a bien mieux ailleurs, ce que je Judas est le seul à comprendre vraiment, tout comme il est le seul à comprendre la nature véritable de la divinité habitant Jésus.

[Une ligne intraduisible] Du coup, dans la seconde partie, Jésus prend Judas entre quatre yeux pour lui transmettre l’Évangile (la bonne nouvelle). Judas y devient le disciple privilégié de Jésus, le seul à avoir reçu l’enseignement sacré du Maître. Puis Judas rêve que les autres disciples lui jettent des pierres, devient le Maudis, le treizième. Jésus lui montre qu’il s’agit d’une vision prémonitoire, mais en échange, Judas subit une visitation par une entité appelée Autogène, et ses petits copains, avant de trahir Jésus (sur demande), et donc de le libérer des contingences matérielles, lui permettant donc de retourner dans « une autre dimension ». L’évangile s’arrête là, passant pudiquement sous silence la crucifixion et tout le décorum : pas de résurrection (normal puisque Jésus souhaitait s’en aller), pas de prise en charge des péchés …

Cependant, la majeure partie de l’enseignement de Jésus à Judas tombe sous le coup de balises [indéchiffrables], de sauts dans le texte, de chicaneries sur la traduction. Bref, je suis déçu, et je tenais à vous le faire partager, car dans l’ensemble, si quelques passages sont révélateurs des proto-gnostiques de l’époque, la majeure partie du texte est inutilisable sans les commentaires éclairés du traducteur, et des gnoséologues qui ont collaboré à la traduction.

Coren, 2007

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